MS Graphisme

Mis à jour : 11 nov. 2019


Entretien avec Ms Graphisme (Membres hyperactif du Mtbkrew)

Cette fois-ci nous ne présentons pas une association mais un graphiste indépendant aux multiples facettes !



Tom : ciao Max ! On va commencer comme d’hab par une rapide présentation…


Max : salut au Mtbkrew ! Maxime Schepard, 25 ans, j’ai un Master en Graphisme. J’ai fini mes études l’année dernière du coup, là, ça fait un an que je suis graphiste indépendant et je m’apprête à partir à Montréal pour y bosser.

T. : comment as-tu découvert le graphisme ?


M. : après une année de prépa dans une école d’art à Belfort il y’a six ans, j’ai intégré les Beaux-Arts de Besançon. C’est pendant cette première année que j’ai découvert l’univers du graphisme qui m’a tout de suite intéressé.

T. : est-ce qu’il y a des artistes ou des références qui t’ont donné envie de te lancer là-dedans ?


M. : étant donné que je suis issue du graffiti, ce que j’ai kiffé c’est le travail de l’image et de la typographie. Et le mélange entre le graphisme pur et dur et le street art. J’aime bien mélanger les deux milieux.



T. : on va enchaîner direct sur ta collaboration avec Mtbk. Raconte nous un peu comment ça s’est fait.


M. : la première fois que j’ai rencontré la marque, c’est en participant à un concours pour gagner un t-shirt que j’ai eu la chance de remporté. Je ne connaissais pas encore Léo et ce con m’avait filé la mauvaise taille [NDLR : sûrement un XL au lieu d’un S]. C’est donc comme ça que le contact s’est établi et en discutant il m’a proposé de bosser sur quelques visuels. J’avoue que l’idée de la marque avec une certaine identité m’a plu directement.

T. : j’ai l’impression que ton rapport à la marque dépasse le cadre du boulot, je me trompe ?


M. : exact. D’ailleurs ce qui est paradoxal c’est que je suis graphiste mais je fais un mémoire sur la surconsommation de marques. Donc je suis en constante réflexion là-dessus et ce que je trouve intéressant c’est de travailler dans ce monde tout en pouvant le dénoncer à travers mon taf.

T. : lourd ! Pour continuer sur Mtbk, est ce que le fait de représenter Montbey est quelque chose qui te parle ou pas forcément ?


M. : si, complètement ! Et d’ailleurs ça rejoint un peu l’esprit du graffiti. On vit dans une époque où avec les réseaux sociaux, on poste des milliers de photos de nos gueules, on veut montrer qui on est. Et, au contraire, je trouve que Mtbk a des valeurs tout autre. Le but n’étant pas de devenir une marque hyper connue mais juste de se faire plaisir en représentant d’où on vient et ça, ça me parle !


T. : de manière plus générale, quel est ton rapport à la sape ? Est-ce que c’est quelque chose qui compte pour toi ?


M. : on va dire que j’ai toujours aimé les fringues mais par contre je ne porte pas de grosses marques genre Nike ou Lacoste. Je kiffe le streetwear et tout ce qui vient de la culture urbaine donc ça se ressent dans ce que je porte.

T. : on va parler maintenant un peu plus en détails de ton travail perso avec notamment Propaganda Project, un délire vraiment cool autour du sticker. Peux-tu nous en dire davantage ?


M. : c’est un projet que j’ai lancé pendant ma première année de Master. En fait, c’est quand j’ai commencé à réfléchir sur la place de l’image dans nos vies, comment ça nous manipule, nous influence. Cette culture du « moi » avec l’arrivée des réseaux sociaux et tout le reste. Et puis ça faisait deux/trois ans que j’avais ce petit personnage sur mes feuilles de cours qui me suivait donc j’ai décidé d’en faire quelque chose et l’idée du sticker à coller dans la rue est venue naturellement. Ça fait partie de l’esprit d’échange de la street que je kiffe. Et du coup à partir de ça et des photos que je prenais des stickers dans la rue, j’ai créé une map virtuelle qui représente chaque sticker collé dans le monde. C’est une sorte de bibliothèque parce que même s’ils ont été recouverts ou enlevés, ils auront fait partie du paysage urbain. Ce projet m’a aussi permis d’utiliser Instagram de manière concrète en échangeant avec des artistes, en envoyant des stickers aux quatre coins du monde. C’est une communauté avec beaucoup de valeurs qui me fait kiffer ! Ce qui à la base devait être un projet pour mon mémoire de fin d’étude est un délire qui continue et prend de l’ampleur.


T. : là, on parle de stickers, donc un univers propre à la rue de même que le graffiti évoqué précédemment. Mais j’ai vu que tu en avais produit des toiles, ce qui me fait penser au fait que le street art est de plus en plus présent dans les galeries. Quel est ton point de vue sur toutes les polémiques qu’il y a pu avoir à ce sujet ?


M. : je pars du principe que le street art doit rester dans la rue. Après, ça a tellement évolué qu’on est obligé de réfléchir autrement. Quand tu vois toutes les lois mises en place pour empêcher l’expression de cet art dans la rue alors que c’est repris dans la pub et pour les marques de luxe, ça fait vriller ! L’idée de faire des cadres, des expos, c’est aussi pouvoir montrer et valoriser ce taf auprès de certaines personnes plutôt hostiles à la base.

T. : tu collabores avec pas mal d’assoc’ locales, quelques mots à ce sujet ?


M. : en fait, collaborer avec d’autres assoc’ ça me permet de produire quelque chose de plus personnel, de voir autre chose et donc de rester créatif ce qui n’est pas forcément le cas avec les commandes de mes clients au quotidien. C’est cette diversité qui me permet de continuer à apprendre.


T. : il me semble que tu vas bientôt quitter notre belle région pour le Québec, ça fait partie, j’imagine, d’un projet de vie perso et professionnelle. Tu as déjà du concret ou tu y vas freestyle ?


M. : en fait c’est après mes six mois d’Erasmus passés en République Tchèque que j’ai découvert que j’avais besoin de quitter mon confort et de rencontrer du monde. Du coup c’est dans cette logique que j’ai décidé de partir au Canada histoire de voir leur vision du graphisme.

T. : excellent ! On arrive à la fin donc je te souhaite de kiffer ton séjour là-bas. Et je te laisse la parole pour clôturer cette interview…


M. : merci à toi, merci à Léo pour la confiance. Et à tout le monde : ne vous laissez pas manipuler !
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